Dormir au temps de la colonisation à Val-d’Or

29 mars 2017

À Val-d’Or, il reste un vestige précieux des premiers colons de la région: Bourlamaque. Quelques dizaines de maisons en bois rond, toute construites sur le même format et presque parfaitement conservées. Un village construit pour les besoins de la Lamaque Gold Mines Ltd. Tout ce dont les mineurs pouvaient avoir besoin s’y trouvait: secteur commercial, sanatorium, hôtel, cafétéria, école et même un cinéma, toujours en activité. Au bout de la rue, la mine…

Vivre ensemble

Le petit village était donc la propriété de la mine. Il n’a rien à voir avec sa voisine, Val-d’Or, où les travailleurs vont pour faire la fête. Boularmaque est ordonnée et bien organisée. Le maire, jusqu’en 1944, sera le gérant de la mine. Les jeux du hasard et l’alcool y sont interdits. En revanche, le village est à la fine pointe de la technologie avec son réseau d’aqueducs et d’électricité dans toutes les maisons, dès 1935!

Comme dans tous les villages de l’Abitibi-Témiscamingue, Bourlamaque se peuple d’ouvriers d’origines diverses. Les églises de différentes confessions se côtoient. Canadiennes, Ukrainiennes, Polonaises, Russes et alouette apprennent les recettes des unes et des autres. Les fêtes communautaires sont colorées et gourmandes. L’ancêtre du « vivre ensemble » que l’on recherche tant aujourd’hui.

Une page d’histoire

Bourlamaque a été déclaré site historique classé dès 1979. Depuis, les habitants doivent protéger et respecter les petites maisons dans lesquelles ils vivent. Lorsque j’y débarque pour la première fois, j’ai immédiatement l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps. Comme si on avait cryogénisé ces quelques coins de rue. Parfait témoignage vivant, et toujours habité, d’une époque importante de l’histoire de la région et du Québec.

L’une d’entre elles a été transformée en petit musée. On y parle de la vie au début de la colonisation, des devoirs de chaque famille habitant le village, des traditions propres à ce quartier cosmopolite. Ceux qui y ont grandi ont encore des souvenirs vifs à nous raconter.

Dormir en pension

Tout près de la mine se trouvait la cafétéria et les pensions pour mineurs. Il y en avait 3. Tu ne pouvais pas être célibataire et habiter une maison. C’était bien trop mal vu! Mais ces travailleurs n’étaient pas en reste dans ces grandes maisons.

L’ancienne cafétéria

Aujourd’hui, on peut suivre leurs traces à l’auberge l’Orpailleur. Les nouveaux propriétaires, Christel Lachance et Serge Paradis, ont repris l’endroit à l’été 2016. L’accueil est chaleureux, simple et convivial. En hiver, ils continuent de recevoir plusieurs travailleurs des mines qui y logent pendant des semaines ou des mois. L’ambiance d’antan n’est pas loin. Les chambres sont douillettes et décorées avec de beaux morceaux d’époque. Il ne faudrait pas non plus oublier Charlÿe, petite mascotte affectueuse du haut de ses 3 pommes qui nous accompagne au déjeuner, nous remet notre reçu et nous dit au revoir avec un énorme câlin. Impossible de ne pas se sentir bienvenus!

Au coin de la rue, vous pourrez compléter votre expérience historique en visitant la Cité de l’or et en descendant dans une véritable mine, chose que je me promets de faire l’été prochain. Et pourquoi ne pas aller aux vues et manger chez l’Entracte en passant? Vous ne voudrez plus revenir dans le présent!

 

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