La Côte-Nord, de village en village

22 janvier 2016

Après vous avoir écrit de long en large au sujet du bateau qui m’a transportée jusqu’au bout de la Côte-Nord, voici ce que je retiens de chaque village visité. Je vous avoue ne pas parler de Sept-Îles, qui pour moi est plutôt une grande ville et où je n’ai fait qu’aller chercher une bouteille de vin à la SAQ…

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Port-Menier, ile d’Anticosti

L’île d’Anticosti m’a toujours paru inatteignable. Loin, bien au-delà de la péninsule gaspésienne, au milieu du golfe. Notre arrivée à l’aller, en fin de soirée, me donne l’impression de débarquer au bout du monde. Dans un noir abyssal, avec seulement quelques lumières au loin dans le village, c’est mon premier contact avec le vide. Ce vide qui comprend tellement de choses et qui me suivra tout au long du voyage. Ce vide que je venais chercher en faisant cette croisière l’hiver.

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À notre retour, notre arrêt en plein jour est un choc. Le vide n’était pas aussi vide que je le pensais. Une baie est apparue, une grange sur la plage et des chevreuils. Les mythiques chevreuils d’Anticosti. Ils sont tellement habitués à être nourris par les résidents qu’on les voit presque quêter aux portes comme des chats errants. C’est impressionnant pour les visiteurs, mais ceci crée des problèmes de santé pour ces belles bêtes. En attendant, je profite de leur proximité.

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Havre-St-Pierre

Je me souvenais du vent lors de ma précédente visite au Havre. Si bien que nous avions dû décamper en catastrophe pour aller trouver un refuge à Sept-Îles. Cette nouvelle visite me laissera le même souvenir. Une forte tempête fait rage avec des pointes de vent à 77 km/h. Mais cette température n’arrête pas l’exploratrice en moi. Je pars donc à la redécouverte du village dans la neige. Les regards des gens nous disent tous la même chose : « Ils sont fous ces touristes! » La plage me laissera sans voix. La poudre blanche sur le sable, les vagues qui éclatent sur les rochers gelés. C’est splendide! Les forts vents nous garderons à quai pendant 12 heures. Le temps est suspendu.

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Une fois de plus, la visite au retour sera d’un contraste déconcertant : la plage est complètement gelée offrant des tons de bleus magnifiques. Le lever du soleil se fait dans le calme parfait avec des vaguelettes qui font de petits clapotis.

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Kegaska

Enfin libéré de la tempête, le Bella reprend sa route. Je ne verrai pas cette nuit-là l’arrêt à Natashquan. Mais le réveil au lever du soleil à Kegaska est époustouflant. Les vagues causées par les vents de la veille ajoutent une touche dramatique. Après une journée de grisaille, enfermé, le soleil éclatant me happe. Le petit village autour de la baie baigné de la lumière chaude est le dernier accessible par la route. L’arrivée est remplie d’action : on embarque beaucoup plus de marchandise, mais aussi beaucoup plus de passagers. Ils s’en vont pour plusieurs à La Romaine pour le travail ou le plaisir. Un jeune Innu curieux me pose des questions sur mon appareil photo. On se retrouvera sur le retour, à mon grand bonheur. Je retiens son sourire et son plaisir de me parler et de me faire des blagues. Mélangeant français et innu, on finit par se comprendre et passer un bon moment ensemble.

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L’arrêt au retour se fait de soir et le ciel étoilé est splendide. Kegaska restera gravé dans mon cœur.

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La Romaine

Le quai de La Romaine est si petit qu’on ne peut débarquer et embarquer que dans les courtes périodes où il n’y a pas de chargement/déchargement. Devant faire un choix rapidement, j’ai eu peur d’avoir trop froid et d’être « prise » dehors sans refuge. Je suis donc restée à bord du bateau. Je m’en suis aussitôt voulu. J’étais pourtant là justement pour l’aventure et l’exploration! Et puis il y avait bien un hangar sur le quai où j’aurais pu aller me réchauffer! Mais j’ai décidé trop vite. Je me suis contentée de prendre des photos à partir du pont 8 et de regarder ce petit village de loin.

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C’est pourquoi sur le retour il était hors de question que je reste à bord, même s’il faisait noir. Je commençais à plutôt bien maîtriser la photo de nuit et j’allais avoir assez de temps pour m’amuser un peu avec les étoiles. J’ai été bien gâtée. Et avec tout ce monde qui embarquait, l’atmosphère était joviale sur le quai.

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Harrington Harbour

Le clou du spectacle! Le village rendu populaire par le film « La grande séduction ». J’avais si hâte de le voir! Même en soirée, il est charmant. Les trottoirs tout éclairés et le bateau si immense à côté de ces petites maisons de pêcheurs. Encore une fois, ce vide noir partout autour me fait croire que nous sommes dans un monde parallèle, étranger au mien.

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Au retour, les membres de l’équipage ne cessent de nous dire que dans notre retard, nous avons bien de la chance : nous pouvons voir Harrington en plein jour. Et quelle chance! L’approche avec cet immense rocher démontre une fois de plus les prouesses du capitaine. Puis le village qui se dévoile tout à coup pour notre plus grand plaisir. Et les villageois que l’on croise qui nous sourient et font des blagues avec nous. Sans parler de ce soleil étincelant qui nous laisse entrevoir ce que doit être la vie ici en plein été.

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Tête-à-la-baleine

Je ne verrai Tête-à-la-baleine que sur le retour. Au lever du soleil. Je commence à me dire que l’équipage fait exprès pour que je puisse être à terre aux meilleures heures pour prendre des photos. Le port est éloigné du village, mais la plage m’offre quelques petits trésors en ce début de journée. Surtout de magnifiques reflets sur l’eau glacée.

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St-Augustin

Après avoir été frustrée la veille de ne pas être sortie à La Romaine, je ne laisse plus l’équipage me décourager avec des : « Y’a rien ici madame Pascale. Le village est à 8 km. » Après un lever de soleil dont je me rappellerai toute ma vie sur cette rivière glacée et des montages qui se colorent de pastel, je sors pour une promenade matinale. Je n’ai pas besoin d’aller bien loin pour trouver mon bonheur. En haut d’un rocher, je m’assois pour profiter de la vue : un désert blanc à perte de vue. Le bonheur pour quiconque rêve un peu de Grand Nord. Là, toute seule, loin de tout village et de l’action du port, je respire. Ce vide pourtant rempli de plein de choses, c’est exactement ce que je voulais voir. Ce matin-là, je prendrai 197 photos de vide.

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Blanc-Sablon

Le bout du Québec. De l’autre côté de la baie, on voit la limite avec le Labrador. Aussi bien dire qu’après, c’est l’océan Atlantique, puis l’Europe. Je me sens bien loin de chez moi. Ce qui me frappe par contre c’est toute l’action de ce village : de grandes routes, de gros camions, des avions… Blanc-Sablon est bien active. Je profite de l’heure bleue pour faire mes premières photos d’étoiles avec beaucoup de plaisir.

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La morale de cette histoire : quand on vous dit qu’il n’y a rien à voir, regardez-y 2 fois. Je n’avais pas besoin de visites guidées, de musées, de spectacles. Tout était là, dans ce vide. Il fallait juste regarder.

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Dernier lever de soleil avec des phoques sur le lac gelé. (J’avais pas mon appareil proche, j’ai couru dans ma cabine mais quand je suis remontée, ils étaient déjà loin…)

Note : Pour ceux qui iraient plutôt en été, sachez que le Relais Nordik travaille en collaboration avec Voyages Coste, une coopérative de tourisme équitable sur la Côte-Nord. Ils offrent aussi des voyages sur la route blanche, expérience que je me promets sans doute de vivre l’hiver prochain.

Pour en savoir plus sur le Bella Desgagnés:

Apprivoiser le Bella Desgagnés, apprivoiser la Côte-Nord

Le luxe du cargo Bella Desgagnés

3 Commentaires

  1. ping de retour Le luxe du cargo Bella Desgagnés – Scouich

  2. ping de retour Quel blogue pour quel état d’esprit ? - Taxi-Brousse

  3. ping de retour Trip de filles pas ordinaire au White Lips - Scouich

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