La zone de confort des enfants

25 février 2015

Voyager c’est sortir de sa zone de confort. Nous sortir de nos repaires pour aller à la rencontre des autres, d’une autre langue, d’une autre culture; c’est beaucoup. Imaginez ce que c’est pour nos enfants.

Vous auriez dû voir la tête de l’ado quand je lui ai dit qu’on partait faire de la raquette, sac sur le dos et qu’on dormait dans le refuge. Ça en faisait déjà beaucoup. Mais quand il a compris qu’il n’y avait pas d’électricité, qu’on allait s’éclairer aux lampes frontales, qu’on devait transporter sur nous l’eau nécessaire et qu’en plus – le comble! – il n’y avait pas de toilette sauf une bonne vieille bécosse dehors. Il n’était pas très enchanté. Mais plus on approchait du Parc national du Mont-Tremblant, plus il avait hâte de relever le défi. Mon meilleur souvenir c’est son sourire étampé sur son visage tout le long de l’expédition.

Simon raquette 2

Après les dernières bordées de neige, on a décidé d’aller jouer un peu dans un parc, de sauter dans la neige et de glisser dans des jeux qui n’ont probablement pas vu un enfant depuis au moins 3 mois. À notre surprise, après avoir passé la première butte de neige, on s’enfonçait encore jusqu’à la taille. Aussi bien dire que fillette en aurait eu par-dessus la tête! On était prêt à rebrousser chemin. Mais c’était sans compter sur le fait qu’elle est plus légère que nous… En transformant le tout en jeu, elle a eu un immense plaisir à se creuser un chemin, à me pousser dans la neige et à déterrer les arbustes (les branches qui sortaient de la neige étaient devenus des vers de terre). « Encore maman! Encore! »

Alice neige

Au demi marathon des glaces, nous avions inscrit fiston à une course de 1km. C’était sa 3e. Il était prêt, il avait hâte. Fallait le voir prendre la pose au fil de départ. Avec son gros habit de neige et ses bottes, il est parti. Seul. Sans nous. On lui avait offert de l’accompagner mais il voulait y aller seul. On l’a regardé partir comme un grand. On a regardé les plus vite revenir. On surveillait le chrono, un peu inquiets. Pas tellement que quelque chose lui arrive, mais qu’il se décourage, qu’on ne soit pas là pour le supporter et l’encourager. Quand on l’a vu réapparaître le sourire jusqu’aux oreilles, le visage rouge tomate de l’effort, on savait qu’on avait fait le bon choix. Il chérie sa médaille plus que tout et il nous demande de l’inscrire à de nouvelles courses.

Emerik course

À 15 ans, j’ai eu l’opportunité de partir en France et en Belgique pour faire une tournée de concerts avec l’harmonie de mon école. J’avais triché et j’étais la plus jeune du groupe. Le plus jeune qui aie jamais joué dans l’harmonie (habituellement, tous les autres commençaient ne secondaire 4…) Je suis partie avec 60 autres jeunes plus vieux que moi. Un condensé de mauvaise influence dans les pays du vin et de la bière! Je sais maintenant le petit pincement que mes parents ont dû avoir même s’ils faisaient confiance aux adultes qui nous accompagnaient. Je me souviens surtout que c’est un voyage qui m’a marquée à jamais. Ça a été un très grand moment de fierté.

Voyager, c’est nous sortir de nos zones de confort. Voyager avec des enfants, c’est nous sortir de nos zones de confort en tant que parents. Nos enfants sont toujours prêts pour la découverte, pour essayer de nouvelles choses. Quand j’hésite à les laisser aller, je me demande toujours si c’est moi qui ne veux pas les voir grandir. On découvre alors de nouvelles facettes de nous-même et de nos enfants. C’est probablement la plus belle chose qu’on peut retirer et enseigner du voyage: le sentiment d’accomplissement.

Quand est-ce que vos enfants vous ont le plus surpris?

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