L’école en voyage

3 novembre 2015

Quand j’ai commencé à planifier mon voyage de 3 mois en Belgique, je songeais à partir seulement avec fille de 3 ans. N’allant pas à l’école, je trouvais que c’était plus simple. En fait, je ne pensais même pas que je pourrais inscrire fiston, alors à la maternelle, dans une école à l’étranger. C’était avant que je me rende compte qu’Alice était en âge elle aussi de fréquenter maternelle dans le système d’éducation belge.

La sédentarité nomade

Ces familles qui plaquent tout, vivent sur la route, font l’éducation à la maison, explorent tous les jours de nouveaux endroits, c’est un beau rêve, un beau projet. Mais certainement pas fait pour tout le monde. Quiconque tentera de vous dire que c’est ZE vie à vivre, que toute autre façon de vivre n’est pas enrichissante essaie de vous vendre quelque chose. Je suis partisane des zones grises. Je me suis lancée à mon compte pour avoir plus de flexibilité pour pouvoir voyager. 3 ans plus tard, c’est ce que j’ai enfin réalisé. Je n’ai pas vendu ma maison, je n’ai pas quitté mon travail. J’ai opté pour la sédentarité nomade.

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Même en Belgique, nous avions une demeure : celle de nos amis. Notre village, notre parc, notre école, notre épicerie. J’ai déplacé ma sédentarité ailleurs. Pour explorer, vivre de nouvelles expériences, voyager lentement. J’avais une complice sur place qui m’a aidée à entrer en contact avec l’école. Mais n’importe qui aurait pu faire de même: contacter l’école du village, faire part de son projet et demander si une place dans une classe était disponible. C’est sûr que dans un pays francophone, ça facilite les choses.

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Les liens sociaux

Fiston avait très très hâte de rencontrer ses nouveaux amis et son professeur. Madame Brigitte avait bien préparé sa classe: il a été accueilli en héros. Dans la cour d’école, on ne parlait que du petit garçon qui venait du Québec. « Émerik il prend l’avion tous les soirs et tous les matins pour venir à l’école. » Il s’est si bien intégré qu’il a même été invité à l’anniversaire de la petite Alice. Il est tombé en amour avec Madame Brigitte comme il était tombé en amour avec Sophie ici. Ses grands yeux verts ont charmé tout le monde. Madame Brigitte lui a montré les lettres cursives, il lui a appris ce qu’étaient des sons amoureux.

À la fancy fair.

À la fancy fair.

Alice, elle, a fait son entrée dans la cour de grands. Elle qui montre toujours beaucoup de confiance a été craintive. Mais avec la complicité de son copain Yann, elle a vite pris de l’assurance et s’est elle aussi liée d’amitié avec des copains de classe. Je crois qu’elle se souviendra toute sa vie des spectacles qu’elle a faits là-bas.

L’école a apporté un rythme et une sécurité à mes enfants. Alors que je mélangeais toutes les cartes, tous les repères, elle était la constante dont ils avaient besoin. Et je dois dire aujourd’hui un énorme merci à toute l’équipe de l’école St-Rémy d’Écaussinnes pour leur chaleureux accueil, pour avoir si bien intégré Alice et Émerik, pour les avoir accompagnés dans leurs nouveaux apprentissages. Madame Brigitte, Madame Chantal, Madame Valérie et Monsieur Marc, sans parler évidemment de Madame Marie, la directrice qui a rendu le tout possible, vous avez été des perles d’amour.

Avec le copain Pierrick à la fancy fair.

Avec le copain Pierrick à la fancy fair.

L’aventure en famille

Et si on part dans un pays qui ne parle pas notre langue? On peut toujours faire l’école à la « maison ». J’ai demandé à Bianca de La Grande Déroute comment elle se préparait à son voyage de 6 mois en Asie. Lors de leur départ cet hiver, Loïc aura 3 ans et Nora 5 ans. Seule Maëva, 7 ans, est à l’école en 2e année dans une école internationale.

« Maëva, c’est l’enfant qui déplace de l’air, qui préfère quand ça bouge. Elle sait ce qu’elle veut et surtout, ce qu’elle ne veut pas. Elle a de la drive, comme on dit. Elle aime se salir, être dehors, partir à l’aventure, les changements de plans, etc. FAUT-QUE-ÇA-BOUGE. »

Évidemment, le choix de l’école à la « maison » n’en était pas vraiment un. Ils bougeront pas mal et apprendre toutes ces langues asiatiques est tout simplement mission impossible.

Qu’est-ce que ça prend?

« Pour le moment, on prévoit emporter avec nous les cahiers de français et de mathématique, ainsi qu’un document relié portant sur les modules du programme international. Pour le reste, gloire à l’ordinateur portable. Les travaux seront faits, photographiés, puis insérés dans un porte-folio électronique. Les matières complémentaires seront couvertes avec plus de flexibilité et les sujets seront adaptés à la réalité vécue. Nous en témoignerons sous forme d’articles et de vidéos. »

Comme pour le travail, les nouvelles technologies permettent une flexibilité dont on ne pouvait pas rêver il y a 15 ans. On n’a pas besoin de tout mettre en suspens pour aller explorer le monde. Même si on a l’air aventureuses et fonceuses de même, on a toujours quelques peurs.

« Je dirais que la plus grosse crainte concerne la gestion du temps. Même si, lorsqu’on fait l’école à la maison, le nombre d’heures pour couvrir la matière en “1 à 1” est beaucoup plus bas qu’en classe, il reste qu’il faut les faire ces heures. Ce n’est pas le nombre d’heures qui m’inquiète, mais la discipline à avoir. »

Et au retour?

« Nous revenons dans le courant de l’été. Il est prévu que Maëva soit réinscrite à la même école. Elle sera alors en troisième année. Le porte-folio sera le témoin de la progression des apprentissages durant ces 6 mois. »

Pour du soutien et des réponses à vos questions, Bianca suggère de suivre le groupe Facebook de l’association québécoise pour l’éducation à domicile. Suivez son aventure sur son blogue:

Avez-vous déjà rêvé de partir avec vos enfants quelques mois?

4 Commentaires

  1. Commentaire par Nosracines/4continents

    Nosracines/4continents Répodnre 3 novembre 2015 at 17 h 13 min

    La sédentarité nomade, je connais! J’ai scolarisé mes enfants à l’étranger à deux reprises et ce fut de belles expériences. Mes enfants ont appris d’autres langues (anglais, arabe, tagalog) et, surtout, ont été sensibilisés à d’autres cultures. Je le ferais à nouveau demain matin! Ceci dit, c’est aussi une expérience qui représente beaucoup de défis… Quand mon fils aîné est arrivé dans sa nouvelle école libanaise, il était une véritable attraction avec ses cheveux et son teint clairs. Mais il a aussi vécu des déceptions en raison de sa différence… une différence qu’il a aussi dû gérer au retour. Mais quand nous faisons le bilan, vraiment, nous n’avons aucun regret. Merci à vous deux pour ce billet et ce partage d’expériences! 🙂

    • Commentaire par Pascale Langlois

      Pascale Langlois Répodnre 3 novembre 2015 at 19 h 04 min

      Ça comporte tout plein de défis. Il faut sortir toutes nos antennes pour accompagner nos enfants autant là-bas qu’au retour ici. Mais quelle expérience enrichissante pour eux!

  2. Commentaire par Maman Voyage

    Maman Voyage Répodnre 4 novembre 2015 at 10 h 43 min

    Une belle expérience en tout cas ! Pour nous ce sera école sur les routes. « Seulement » un CP à gérer mais mon fils lit déjà pas mal donc ça ne me stresse pas… Nous essaierons de croiser la Grande Déroute sur notre chemin ! A bientôt !

    • Commentaire par Pascale Langlois

      Pascale Langlois Répodnre 4 novembre 2015 at 13 h 23 min

      Oh ça c’est génial!

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