On m’avait dit… La vérité sur le Guatemala

3 mai 2017

Que je vous explique comment mon arrivée au Guatemala s’est passée (maintenant que je suis de retour à la maison et que mes parents ne peuvent plus s’inquiéter). J’ai fait un vol de 5 heures de nuit entre Montréal et Mexico, j’ai passé 5 heures à essayer de dormir un peu dans l’aéroport de Mexico et j’ai atterrit à Guatemala City avec cette phrase en tête : « Guatemala City, c’est vraiment dangereux. » Je me demandais si mon shuttle réservé et payé allait être là, si j’avais bien fait de faire affaire avec cette compagnie et je n’avais qu’une seule envie : sortir au plus vite de cette ville.

Mon chauffeur me trouve à la sortie en m’appelant par mon nom. Il est là, il est à l’heure. Yé! Il me fait embarquer dans un van 10 places où je suis seule. Ma tête, privée de sommeil, se met à imaginer toute sorte de scénarios. Quand mon chauffeur tourne en rond dans un quartier et que l’on croise un homme (pas un gardien de sécurité) avec une carabine, je tremble. Finalement, je ne me suis pas retrouvée vendue à un cartel pour mes organes : il cherchait l’adresse de quelqu’un pour lui remettre je ne sais quoi. Il était messager. Pour me rassurer, j’ai quand même suivi un moment notre trajet sur mon téléphone jusqu’à ce que je sois certaine que l’on est sur la bonne route. Des sueurs froides que je me suis créées de toutes pièces.

On m’avait dit que le Guatemala était dangereux. En réalité, c’est Guatemala City et les régions frontalières qui le sont. Dans les villages, vous ne croiserez pas des hommes armés sauf s’ils sont policiers ou gardiens de sécurité. Je ne dis pas qu’il n’y a aucun danger, seulement qu’il y en a moins que ce qui semble être colporté.

On m’avait dit qu’il n’y avait rien à faire au lac Atitlan, de ne pas y passer toute la semaine. Pourtant, chaque visite d’un nouveau village apportait de nouvelles découvertes. J’aurais pu suivre des cours de cuisine, de tissage, de pêche traditionnelle. J’aurais pu faire encore mille autres randonnées et activités.

On ne m’avait pas parlé de la chaleur des Guatémaltèques. On reste surpris la première fois où ils nous prennent dans leurs bras et nous font la bise. Quand ils nous font part leurs rêves de maison et de famille. Quand ils nous accueillent dans leur jardin ou leur atelier pour nous partager avec fierté leur culture. Et tout le monde vous dit bonjour avec le sourire. Comment ne pas se sentir bienvenu?

On ne m’avait pas parlé de leur générosité. Quand je suis débarquée à San Pedro après 24 heures de transport, fatiguée et déboussolée, on m’a vite aidée à trouver mon chemin. Quand j’ai perdu mon téléphone dans un tuk-tuk, Juan me l’a rapporté sans rien demander en retour. Quand je cherchais mon auberge cachée dans Antigua, on n’a pas hésité à me conduire jusqu’à la porte.

Je ne sais pas d’où vient la « mauvaise réputation » du Guatemala. Sans doute à cause de la guerre civile qui a perduré jusqu’en 1996. Une guerre civile alors que l’on devrait plutôt parler d’un génocide. Après avoir entamé un repartage des terres auprès des Mayas dans les années 50, les États-Unis, armés de la CIA, s’en sont mêlés pour les redonner à la United Fruit Company, aujourd’hui Chiquita. 200 000 morts dont 80% étaient mayas. Encore de nos jours, le gouvernement refuse de reconnaître ce génocide.

Il reste des enjeux alors qu’il y a des projets miniers, des projets hydroélectriques et d’hydrocarbures qui se développent. Ça vous rappelle quelque chose? La démocratie n’est pas la plus stable avec des élections à répétition depuis une dizaine d’années. Mais visiter le Guatemala, c’est entre autres encourager et soutenir ces peuples mayas dans leur reconstruction.

Épinglez-moi sur Pinterest!

2 Commentaires

  1. Commentaire par Tatiana - Weekend and Trips

    Tatiana - Weekend and Trips Répodnre 12 mai 2017 at 4 h 41 min

    Très bel article en hommage des Mayas. Ils sont effectivement très généreux et accueillants. Ils sont prêts à offrir tous ce qu’ils ont pour leurs hôtes 🙂

    • Commentaire par Pascale Langlois

      Pascale Langlois Répodnre 16 mai 2017 at 8 h 11 min

      À ce jour, j’ai ressenti la même chose dans toutes les communautés autochtones que j’ai visitées.

Poster une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Allé en haut