Première Guerre mondiale: devoir de mémoire à Ottawa

15 novembre 2018

Cent ans depuis la signature de l’armistice de la Première Guerre mondiale. Une guerre qui s’est déroulée sur un autre continent, si loin de nous, surtout à une époque où la traversée se faisait toujours par bateau. Les marques sur le territoire québécois et canadien sont limitées à quelques monuments à la mémoire des soldats morts ou disparus. Comment se souvenir de cette guerre qui a coûté la vie à plus de 60 000 jeunes Canadiens? Comment intéresser les jeunes à cette guerre si lointaine dans le temps et l’espace? Une partie de la réponse se trouve à Ottawa.

Musée de la guerre

Un nom de musée qui m’inspirait très peu. Mais en préparation pour notre voyage de mémoire en France, je voulais que les enfants aient un petit cours d’histoire en accéléré sur la participation canadienne. Et c’est bien ce qu’on y a trouvé. Si le discours est bien patriotique, la salle sur la Première Guerre dresse tout de même un portrait complet sur les enjeux de l’époque. On y parle de la constitution du Canada, de nos liens avec l’empire britannique, des effets de la guerre ici au Canada, des débats politiques autour de la conscription.

La vie dans les tranchées est aussi bien illustrée : des habits qui ne sont pas adaptés, des masques contre les attaques au gaz, les armes patentées pour les combats au corps-à-corps. La correspondance de certains soldats est bouleversante.

Bien sûr, on n’échappe pas à l’explication des batailles importantes auxquelles le Canada a participé. Nous avons pu nous familiariser avec quelques lieux moins connus comme Arras et Amiens. J’ai pris de photos pour que les enfants puissent faire des liens une fois que nous serions en France. Mais tout cela, je le sentais bien, restait très abstrait, autant pour moi que pour les petits. Nous faisions là un travail de défrichage avant notre départ.

Au bout d’un moment, fillette me demande : « Et les filles, elles étaient où? » À la fin de la salle sur la Grande Guerre se trouve un espace dédié à ces femmes qui ont pris soin des blessés au front. J’ai pu lui expliquer qu’à cette époque, contrairement à aujourd’hui, les femmes ne pouvaient pas se battre au front. Mais qu’elles avaient un rôle d’une importance cruciale. Et que celles qui restaient ici participaient aussi à l’effort de guerre en travaillant dans les usines.

Nous avons poursuivi notre visite dans la salle dédiée au monument de Vimy. Nous avons pu voir de près les moules des statues se trouvant tout en haut. Grâce aux explications de la signification de chacune d’elles, j’ai pu parler de paix avec les enfants. Comme pour fermer la boucle après avoir parlé d’armes et de champs de bataille pendant plus d’une heure.

Avant de partir, nous avons pu être en contact avec un premier monument en souvenir du soldat inconnu. Un lieu tranquille incitant au recueillement. Là, nous avons parlé de ces soldats qui n’ont pas pu être identifiés. Mais c’est en France que je prendrai toute la mesure de ce que sont ces soldats inconnus.

La tour de la Paix

À notre retour de France, je voulais boucler la boucle en visitant le Parlement du Canada et sa tour de la Paix. Il faut dire qu’en plus, le parlement est sur le point d’être fermé pour 10 ans pour faire des rénovations importantes. C’était maintenant ou jamais!

Évidemment, le bâtiment est imposant et magnifique. Si seulement les pierres des murs pouvaient parler et révéler leurs secrets! Sur les murs de la salle du sénat, nous avons reconnu la bataille d’Arras, un rappel de ce que nous avons vu en France.

Mais rien n’égale l’effet qu’a eu sur moi le livre contenant les noms des 60 000 Canadiens morts ou disparus pendant la Première Guerre mondiale. Un ouvrage magnifiquement travaillé, véritable hommage aux noms des personnes qui s’y trouvent. Sur le sol, le nom des villes visitées en France font remonter des souvenirs de notre voyage et des lieux visités. Vimy me rappelle les champs de bataille habités de milliers d’arbres qui semblent prendre d’assaut jusqu’à la fin des temps. Arras fait remonter le souvenir de ces tunnels où ont habité des milliers de soldats avant de donner l’assaut en avril 1918.

Pour compléter la visite, le Monument commémoratif de guerre du Canada est juste devant le parlement. Le changement de garde avec les cornemuses est fascinant et impressionnant. Un incontournable!

Le pont entre le Canada et la France a été créé dans notre esprit. La Première Guerre mondiale est maintenant plus réelle que jamais. Je suis persuadée que notre compréhension du monde, de la guerre et de la paix est changée à jamais…

Poster une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Allé en haut