S’offrir une retraite pour travailler

12 juillet 2018

Ouf! Quelle année! Depuis septembre dernier, je travaille d’arrache-pied sur mes cours en journalisme. Pour compléter le tout, je me suis offert deux cours d’été en sciences politiques, un sur le G7 et l’autre sur l’intelligence artificielle. Quelque chose de léger! Alors que je me disais que des cours intensifs d’une semaine ce serait pratique c’était sans savoir la charge de travail qui m’attendait. Mes travaux de fin de session à eux seuls totalisaient près de 10 000 mots! Et c’est à ce moment-là que j’ai reçu une invitation du Monastère des Augustine de Québec. C’était juste parfait! Trois jours pratiquement enfermée dans ma chambre à écrire comme une bête. Et ça a marché.

Mon bureau installé devant ma fenêtre.

Dès l’arrivée à l’intérieur de murs, ceux qui entourent la propriété comme une forteresse, je sens cette énergie particulière aux lieux sacrés. Entrer dans l’aile des anciennes chambres des soeurs, là où se trouvent les chambres authentiques, dont la mienne, impose le respect. 260 ans de vie entre ces murs reconstruits en 1759 après un grand feu. Quelques mois seulement avant la fameuse bataille des Plaines d’Abraham. Une poutre a encore la marque des bombardements. Chaque planche de bois y est si importante que même l’installation des systèmes pour les cartes magnétiques sur les portes a nécessité une quantité impressionnante de formulaires et de demandes.

Le couloir où se trouvait ma chambre.

C’est toute la fondation du Québec qui réside dans ces pierres et ces poutres. Le premier hôpital en Amérique du Nord, les relations avec les autochtones – les Augustines avaient été appelées en renfort par les frères pour guérir les autochtones et peut-être arriver à les convertir – la survie des colons, la transmission des connaissances des plantes médicinales… Comme chaque vis, chaque fenêtre, chaque porte a été conservée, je ne peux m’empêcher d’imaginer la vie d’autrefois.

La terrasse extérieure à l’avant de l’immeuble.

Ma chambre a vue sur le jardin et un immense arbre. Interdiction d’ouvrir la fenêtre par contre: artefact précieux à conserver. Ça me va, le silence porte à la méditation et la concentration. Si dans les premières heures je mets une musique douce, je trouve vite ce bruit trop pesant. Je suis à cent mètres de la bruyante et touristique rue St-Jean mais autant dans ma chambre que dans le jardin, je n’entends rien. Même lorsque l’orage éclate, le silence règne.

Le coucher de soleil après l’orage.

Le jardin qui nous accueille à l’arrivée.

Entre les séances de travail, je peux aller faire des courses au marché public, boire un cocktail chez Boulay ou encore manger une glace. De quoi décompresser, prendre l’air et profiter de cet emplacement de rêve. Le matin, je commence la journée avec un cours de yoga et méditation avant de déjeuner en silence. Ce buffet déjeuner, j’en rêve encore! Toujours en accord avec la mission de bien-être, tout est préparé sur place avec des ingrédients bons pour le corps et locaux. Je profite aussi du jardin et de la cours intérieure pour méditer. La chapelle est ouverte toute la journée et on peut assister à la messe et aux vêpres chantées par les soeurs. Elles sont si heureuses d’avoir du public! Mais mon lieu préféré demeure ma chambre. Mon refuge de calme et de travail. En 48 heures, j’aurai écrit plus de 3000 mots, remis un mandat urgent pour le travail et effectué la recherche pour mon autre travail de session. Je suis rentrée calme, reposée et prête à attaquer la dernière ligne droite de ma session.

Cette cour était un stationnement avant sa transformation.

Coucher de soleil près des fortifications.

Les rues autour du Monastère cachent les plus beaux trésors.

Avant de rentrer, après avoir remis (à regret) la clé de la porte de ma chambre, je visite le musée. Les artefacts présentés sont à couper le souffle! Ce bol arrivé avec les trois soeurs fondatrices et qui a survécu au grand feu me donne des frissons. Autant l’histoire de la congrégation que l’explication de la vie des Augustines pendant 300 ans, au coeur même du lieu où tout s’est passé est sans doute unique au Canada. Surtout que les soeurs y vivent toujours. On croise leur doux sourire dans les couloirs et l’ascenseur.

Bol et mortier apporté avec les soeurs fondatrices.

Quelques pots utilisés dans la pharmacie.

Fenêtre sur cour…

La réflexion sur la transformation de ce lieu fondateur du Québec et du Canada a été amorcée dans les années 90 par les soeurs. Leur travail a été minutieux et une immense réussite. C’est un privilège de pouvoir séjourner dans ce lieux unique qui a été si longtemps fermé à tout public. Nous sommes les acteurs choyés de cette époque de l’histoire des Augustines. Avant de quitter, j’ai dévalisé la boutique pour ramener un peu de ce lieu sacré à la maison…

La mission et l’esprit du travail des Augustines a été conservé dans la transformation des lieux. La santé globale est au coeur du Monastère. Ralentir le rythme, faire un retour vers soi, manger sainement. Dès le 19e siècle, les soeurs croyaient en l’équilibre entre la santé du coeur, de la tête et du corps. On ne vous enlèvera pas votre cellulaire à l’entrée mais on vous offre un service de gardiennage. On vous demande également d’éviter leur utilisation dans espaces communs, incluant le restaurant. Vous verrez, vous survivrez!

Étant un OBNL, la chambre que vous louez sert également à faire du bien. Avec les revenus, le Monastère des Augustines peut offrir des chambres à prix modique pour les personnes accompagnant des malades. À votre tour, vous faites du bien à la communauté. Et avec ses 4 clés vertes, la plus haute cote en hôtellerie pour le respect de l’environnement, votre chambre fait aussi du bien à la nature.

Merci au Monastère des Augustines de m’avoir offert ce séjour.

1 Commentaires

  1. Commentaire par Martine

    Martine Répodnre 13 juillet 2018 at 9 h 08 min

    Punaise!! Ça donne sacrememnt envie de venir se poser ton truc!! Domages que c e soit si loin de chez moi. J’aurai bien besoin d’une retraite aussi. Ils font les livraisons à dimicile? Lol.
    Si un jour je reviens à Quebec j’aimerai bien tester.

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